| Présentation du programme de recherches en sciences de l'éducation |
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La recherche en sciences de l'éducation au Cesi existe, d'une manière plus ou moins formelle, depuis la création du Cesi. Depuis 1984, elle a été formalisée à partir d'une commande du ministère du travail (Délégation à l'emploi de l'époque) portant sur la "pédagogie informatisée" et ses effets, programme qui a été financé pendant une dizaine d'années. Depuis une dizaine d’années, nous sommes entrés dans ce que les uns appellent la « société cognitive », d’autres l’« économie de la connaissance », termes qui désignent une société censée investir dans l’intelligence, le développement des compétences, la recherche… Dans le champ des sciences de l’éducation, cela se traduit par un renversement de perspective : l’apprentissage permanent et les conditions qui le rendent possible deviennent un sujet central des recherches, et les travaux sur le « rapport au savoir[1] » et « l’apprenance[2] » prennent aujourd’hui le pas sur ceux traitant des problématiques de formation ou d’enseignement. C’est dans ce mouvement que s’inscrivent les travaux de recherche du Cesi. La question à laquelle ils tentent de répondre est celle des conditions d’efficacité des apprentissages professionnels. L’hypothèse générale qui les sous-tend est celle de la contribution de trois grands types de variables à l’efficacité des situations d’apprentissage : les caractéristiques du sujet apprenant, les caractéristiques de l’environnement d’apprentissage et les caractéristiques des savoirs (épistémiques ou pragmatiques) à acquérir. De nombreux travaux portent sur la contribution de l’engagement du sujet apprenant à la réussite de ses apprentissages[3] ; les recherches en didactique professionnelle contribuent à une meilleure connaissance des situations d’apprentissage, de la nature des savoirs nécessaires à l’action, des interactions entre le sujet apprenant et les savoirs d’action dans ces situations[4]. Les programme de recherche actuels et futurs visent à intégrer à ces travaux un troisième axe de réponse à la question de l’efficacité des apprentissages professionnels – peu exploré à ce jour – celui des environnements d’apprentissage : à partir d’un modèle de construction du rapport au monde[5], intégrant les trois catégories de variables en jeu (sujet apprenant, savoirs, environnement), il s’agit de comprendre le rôle joué par les « formes[6] » que ce soit celle de la situation (forme matérielle), des interactions (forme organisationnelle), ou, plus généralement, celles des pratiques (le « monde », le système de croyances et de valeurs). On fera l’hypothèse supplémentaire que la compréhension du rôle des « formes » ouvre ensuite la voie vers le développement d’une « ingénierie de la forme[7] ». Cette ingénierie serait la seule qui permettrait d’influer sur l’efficacité des apprentissages, les variables liées au sujet et à la nature des savoirs constituant des données d’entrée de l’ingénierie qu’il est nécessaire de prendre en compte, mais sur lesquelles il est difficile d’agir. S’inscrivant dans les axes de recherche proposés par Bernard Blandin dans sa note d’habilitation à diriger des recherches (Blandin, 2006), les travaux proposés ici visent un double objectif, à la fois théorique et pragmatique : d’une part, comprendre, pour les améliorer, les dispositifs de formation d’adultes, avec pour terrain d’étude ceux proposés par le CESI ; d’autre part, à plus longue échéance, spécifier des instruments d’ingénierie, représentables en machine[8] et computables, pour aider à concevoir des environnements d’apprentissage adaptés à une problématique d’apprentissage donnée (public / contenu / objectifs déterminés). [1] Cf. les travaux du Centre de recherche en éducation et formation (CREF) de Paris X – Nanterre, impulsés par Jacky Beillerot, et notamment (Beillerot & al. 1989), (Beillerot & al. 1998), (Mosconi & al. 2000). |
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